Tanguy Pastureau se paye l'actu

Chaque semaine, notre chroniqueur impertinent passe les nouvelles qui font jaser dans sa moulinette à blagues. Compilation.

0 + 0 = la tête à Sarko

Par Tanguy Pastureau le 17/02/2012 0 commentaires

Nicolas Sarkozy a t-il comme le Beaujolais, un goût de banane ? (AFP)

Mon top 5 de la semaine :

1- Nicolas Sarkozy. Mercredi soir sur TF1, le président, conseillé par son amie, la pieuse Christine Boutin, a tenté de se refaire une virginité. Au même rythme que pour le beaujolais, il y a donc le Sarkozy nouveau, même si personne, à part les femmes de sa vie, ne peut dire s’il a ou non un goût de banane.

2- Boutin et Morin. Les petits plaisantins, qui ont séduit à eux deux jusqu’à neuf votants, se retirent. En se ralliant à Nicolas Sarkozy, ils offrent à ce dernier le chiffre envié d’environ 0% de suffrages de gagnés. La maxime enfantine a donc évolué : désormais, 0 + 0 = la tête à Sarko.

3- Hervé Morin. Lui qui avait affirmé, lors d’un discours, avoir vécu en direct le débarquement de Normandie, va donc avoir du temps libre pour rédiger ses mémoires de guerre. On va enfin savoir ce que lui et le général Patton se sont dit en 44 et s’il faisait beau à Yalta.

4- François Hollande. Attitude bonhomme, visage apaisé : face à la candidature de Sarkozy, Hollande montre qu’il reste plus serein qu’un bonze tibétain en pleine descente. Même le dalaï-lama paraissant plus stressé que lui, il est possible que Yannick Noah ait simplement poussé son soutien à Hollande jusqu’à lui prêter de son herbe de Provence.

5- Shakira. La chanteuse, décorée des Arts et des Lettres par Frédéric Mitterrand, qui eût été plus inspiré en décorant son salon, a été attaquée par une otarie. Information incroyable qui tendrait à prouver que ces mammifères marins ont du goût en matière de musique.

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Hollande est un bernard-l’hermite

Par pierre.bohm le 10/02/2012 0 commentaires

Hollande, un Bernard l'hermite ?

Mon top 5 de la semaine :

1- François Hollande. L’ex-mou devenu tout dur a déjeuné avec BHL et diné avec Johnny. Après avoir piqué à Sarkozy ses derniers copains, il envisage d’occuper, en mai, son appartement (un F37) : le socialiste n’est pas un candidat, c’est un bernard-l’hermite. Pour ce soir, Hollande a prévu de sortir en boite avec Carla Bruni, après avoir fait un bisou à sa petite Guilia.

2- Johnny Hallyday. Le rockeur franco-américain-suisse, venu tout droit de Los Angeles pour rencontrer la nouvelle star de la gauche, a donc partagé un repas, un soir, avec Hollande. C’est une révolution : on sait depuis longtemps que l’idole déjeune. On apprend qu’en plus, il dine.

3- Nora Berra. La secrétaire d’état à la santé a conseillé sur son blog aux personnes vulnérables, dont les SDF, de rester chez eux par temps froid. Elle a juste oublié, afin d’économiser l’énergie, de leur demander d’éteindre leur téléviseur entre 18 et 20h. Et surtout, de ne pas gaspiller d’eau en prenant des douches plutôt que des bains.

4- Hollande et Sarkozy. Au diner du Crif, Hollande a serré la main de Sarkozy et l’image a emballé le pays. Tout ça pour une poignée de mains : on n’ose imaginer l’impact que ça aurait eu si jamais il lui avait collé une main aux fesses.

5- Claude Guéant. En affirmant que toutes les civilisations ne se valent pas, le ministre a créé la polémique. Le souci, tant que l’on ne nous dit pas clairement quelles civilisations nous sont inférieures, c’est qu’on ne sait même pas qui mépriser.

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Les gars de la farine

Par Tanguy Pastureau le 03/02/2012 0 commentaires

François Hollande enfariné

Mon Top 5 de la semaine :

1- François Hollande. Précédant la logique qui voudrait que Hollande, s’il est élu, nous roule dans la farine comme le font les présidents, c’est lui qui s’est fait enfariner en public. Jean-Pierre Coffe, Cyril Lignac et les trois gusses du jury de Masterchef sont euphoriques : Hollande, le seul à porter sur lui les ingrédients du dessert, est leur candidat rêvé.

2- Les enfarineurs. Avant, les stars se prenaient des tartes à la crème en pleine face. Désormais, les déséquilibrés, qui ne veulent plus se fatiguer, leur lancent juste la farine, et c’est à leurs cibles de se débrouiller pour trouver les œufs et confectionner un cake. Car un enfarineur n’est, au final, qu’un entarteur qui est incapable d’aller jusqu’au bout d’une recette.

3- La chandeleur. Enorme fête chez François Hollande, où l’on a fait des centaines de délicieuses crêpes, rien qu’en récupérant les kilos de farine qui lui avaient glissé dans le slip.

4- Jean-Pierre Chevènement. Il y va, il n’y va pas, il y va, il n’y va pas. Avec autant de mouvements d’avant en arrière, Chevènement n’est pas un candidat, c’est une lambada. En attendant, le suspense est intense : sur qui vont se reporter ses 0% d’intentions de vote ?

5- Nadine Morano. Aucun piéton renversé cette semaine, pas de tweet percutant : Nadine Morano s’est faite discrète. C’est si inhabituel chez elle que les secours se sont rendus à son domicile afin de voir si tout allait bien. A leur arrivée, elle respirait et elle twittait : immense soulagement.

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Attention à la voiture de la ministre du tweet !

Par Tanguy Pastureau le 27/01/2012 0 commentaires

Mon Top 5 de la semaine :

1- Nadine Morano.
La ministre du tweet, alors qu’elle était dans sa voiture en train de tweeter, ne s’est pas aperçue qu’un des motards de son escorte, qui tweetait, avait renversé un piéton. Nadine Morano a depuis tweeté ses excuses au jeune homme, qui l’a acceptée en amie sur Facebook. Tout est bien qui tweete bien.

2- Nadine Morano II.
Si vous recevez d’un ami un SMS dont le texte est le suivant : « Je suis dans la rue et il y a la voiture de Nadine Morano qui arr » : c’est normal. Apportez-lui des fleurs à l’hôpital.

3- Zahia.
L’ex-cadeau d’anniversaire de Ribéry lance une collection de lingerie qu’elle définit comme étant raffinée (donc pas comme elle). Les dessous étant conçus à partir d’un moulage de son corps, un bon pour une opération de chirurgie plastique est offert pour tout achat d’un soutien-gorge de taille 120 D.

4- François Hollande.
Celui que ses propres camarades aimaient à surnommer Flamby réunit, en meeting, des milliers d’amoureux du caramel. Révolution dans le secteur des laitages : au Bourget, Flamby est devenu une superbe Danette devant laquelle tout le monde se lève. Les ténors de l’UMP en sont comme deux ronds de flan.

5- Nadine Morano III.
Jalouse du succès de Zahia la femme plastique, la ministre du tweet fait remarquer qu’elle, qui ne se déplace qu’entre 12 motards des Village People, ne sort jamais sans son escorte. D’une certaine manière, elle est donc une escorte girl, et elle présentera sa collection de lingerie au printemps.

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La faillite du Père Noël

Par Tanguy Pastureau le 22/12/2011 0 commentaires

Le Père Noël est en faillite

Le Père Noël, l’air soucieux, caressait machinalement sa longue barbe, plus fournie encore que celle de Sébastien Chabal, en regardant s’affairer ses lutins. Ils allaient et venaient en sifflotant des chansons de Lady Gaga, les chants de Noël étant considérés dans la profession comme ringards depuis au moins 300 ans (un lutin, comme Jean d’Ormesson, vivait en moyenne 400 ans). Le Père Noël cria : « Rassemblement ! », et tous vinrent se placer devant lui, des poupées qui font pipi plein les bras. « Mes lutins, l’heure est grave. La récession étant mondiale, nous n’aurons jamais assez de cadeaux pour tout le monde ». Un murmure réprobateur se fit entendre dans la troupe de lutins.

Le Père Noël, qui savait que lui-même devrait se séparer de 50% de ses effectifs une fois les fêtes terminées, avait préparé sa fuite là où personne ne viendrait le chercher. En emménageant à Fukushima, il savait qu’aucun lutin ne serait assez fou pour venir lui quémander son salaire. Il reprit : « Cette année, pas de cadeaux pour la Corne de l’Afrique. L’Unicef leur a déjà offert du riz. L’an prochain, on leur enverra de la sauce. Pareil pour le petit-fils de Liliane Bettencourt : il n’a besoin de rien. Il a déjà reçu en cadeau cet automne un portefeuille vintage, qu’il appelle mamie. Par contre, votre ancien collègue est dans la mouise ». Les lutins savaient très bien de qui le Père Noël parlait : Fifi, l’un d’entre eux, avait réussi à se reconvertir dans la vie civile en devenant Président de la République. Il avait été jusqu’à épouser une fée.

« Fifi, qui se fait désormais appeler Nicolas, nous demande un A en cadeau. Il en avait trois et est sur le point d’en perdre un ». Le Père Noël se pencha sur sa liste. « La petite Christine Boutin souhaite recevoir des signatures de maires. Mais j’étais ce matin en communication avec Dieu, elle lui a déjà demandé la même chose : on zappe. Eva Joly, elle, veut une seconde paire de lunettes comme les siennes, au cas où elle les casse. J’ai cherché personnellement dans le stock, impossible d’en trouver d’aussi laides. On va lui refiler les Ray-Ban noires que Fifi nous a renvoyées à la fin de sa période bling-bling ». Toto, l’un des lutins, leva son petit doigt vers le ciel. « Père Noël, que faire pour Jean-Louis Borloo ? Impossible de mettre des cadeaux dans ses chaussettes, toutes ses paires sont trouées ». Le Père Noël réfléchit un instant. « On lui offrira du liquide, on raconte qu’il adore ça ».

La star barbue se redressa. « Villepin demande un peigne, on lui met un râteau, c’est ce qu’il faut pour son brushing. Il nous le rendra au moment de recevoir son deuxième râteau, lors du premier tour des élections ». Il regarda ses lutins, cherchant parmi les gentils visages réjouis lesquels il devrait virer, et se dit, farfouillant dans sa barbe, qu’il n’avait pas un métier facile.

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Villepin part à la chasse

Par Tanguy Pastureau le 15/12/2011 0 commentaires

Dominique de Villepin est près à tout pour embêter Nicolas Sarkozy selon Tanguy Pastureau (AFP)

Dominique de Villepin sourit à Frédéric Nihous, le candidat des chasseurs. « Frédéric, aidez-moi : j’ai acheté 25 pièges à loup, mais je ne sais pas comment les installer. Si je vous donne trois signatures de maires en échange, vous le faites pour moi ? ». Nihous rajusta sa carabine sur son épaule et se mit à jouer du cor de chasse, signe qu’il était d’accord. « Où c’est-y que vous voulez que j’les mette, cré vin diou ? ». Villepin baissa les yeux, un peu honteux. « Dans les jardins de l’Elysée. J’ai une grosse bestiole à faire sortir de son terrier ». Nihous acquiesça, avant de lui tendre une dépouille. « Excusez-moi pour votre chat. Il est sorti de derrière le canapé, j’ai eu un réflexe idiot. L’animal n’a pas souffert ».

Villepin, qui nourrissait une haine féroce contre Nicolas Sarkozy, n’avait annoncé sa candidature à la présidentielle que pour le faire enrager. Il lança une fléchette sur un poster à l’effigie du président et, visant le nez, marqua mille points. La veille, il avait eu recours à un sorcier vaudou qui avait planté des aiguilles dans une poupée censée représenter Sarkozy. Malheureusement, l’homme n’ayant qu’une poupée Ken, c’est lui, Villepin, le politique qui se rapprochait le plus physiquement du mari de Barbie, qui avait eu le dos traversé d’intenses douleurs. Convulsant au sol, il avait fait filmer la scène par un assistant. « Si l’on met la vidéo en ligne, les gens vont penser que je pratique la break-dance, ce sera un signal fort envers les jeunes électeurs », avait-il précisé avant de tomber en syncope.

Dominique de Villepin avait tout fait pour nuire à son ennemi juré. A la naissance de la petite Giulia, il s’était introduit dans la maternité et avait échangé le bébé contre un autre nourrisson. Le fait que l’enfant soit noir et de sexe masculin n’avait pas semblé alerter le président, qui n’avait pas encore eu le temps de le voir, accaparé qu’il était par la crise de la zone euro. C’est Villepin qui, déguisé en cerf, avait déboulé juste devant la voiture présidentielle, l’obligeant à s’encastrer dans un talus. C’est encore Villepin qui avait fait à Didier Gustin un énorme chèque avant que celui-ci, imitant Sarkozy au téléphone, ne traite Angela Merkel de grande dinde, écornant les relations franco-allemandes.

Villepin était désespérément seul. Le soir de son annonce de candidature, n’ayant ni supporters ni amis, il avait diné en tête-à-tête avec lui-même, ce qui l’avait obligé à payer l’addition. Puis, afin de se féliciter lui-même, il s’était mis de grandes claques dans son propre dos. Le lendemain, il souffrait d’un énorme claquage musculaire des deux bras. En réalité, il n’y avait qu’une personne pour lui tendre la main, mais il était prêt à la mordre jusqu’au sang, les yeux révulsés : c’était celle du président Sarkozy.

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Angela, Carla, triple A

Par Tanguy Pastureau le 09/12/2011 0 commentaires

AFP

Alors qu’elle était plongée en pleine étreinte charnelle avec son mari, Carla Bruni se releva de la peau de bête sur laquelle ils étaient allongés, l’air fâché. « Tu sais comment tu viens de m’appeler ? ». Le président Sarkozy rajusta son caleçon. « Heu… Ma caille ? Ma choupinette ? Pupuce ? ». La belle italienne se renfrogna, jusqu’à se faire une ride sur le front. Après avoir réservé une séance chez son plasticien afin de régler le problème, elle regarda le Président, ses yeux de chat lançant des poignards. « Tu m’as appelé Angela ! C’est la troisième fois cette semaine ! ». Furieuse, elle ouvrit la porte de sa commode, à la recherche d’un manteau à enfiler avant de claquer la porte de l’Elysée. Angela Merkel, cachée entre deux visons, lui adressa un sourire navré. « Madame Bruni, ce n’est pas ce que vous croyez ».

Le président français et la chancelière allemande passaient tout leur temps ensemble, occupés qu’ils étaient à sauver la zone euro. Pour des raisons de commodité, ils avaient donc emménagé à deux, après avoir signé un Pacs qui leur offrait d’intéressantes réductions d’impôts. Angela Merkel dormait sur un lit de camp, installé dans la salle du conseil des ministres. En temps de crise, la solidarité s’exerçait à plein : Alain Juppé, la découvrant un matin en pyjama, lui avait prêté sa trousse de toilette, en lui précisant qu’il n’avait pas de peigne. Angela Merkel portait depuis lors du Drakkar Noir et avait appris à se raser.

Sarkozy regarda sa femme.  « Je ne t’ai rien dit car je ne me souvenais pas de ton numéro de téléphone. Comment va notre petit garçon ? ». Carla Bruni l’interrompit. « C’est une fille. Rappelle-toi, tu l’as vue deux fois le mois dernier ». Elle se jeta à son cou. « Nicolas, tu restes mon super-héros ! En sauvant le monde, tu es pour moi comme Batman, sans la tenue de latex, puisqu’elle te ferait ressembler à DSK en soirée coquine. Par contre, il va falloir qu’elle se termine, la crise, que tu puisses enfin rentrer à la maison ! ». Le président baissa la tête et se mit à pleurer. Malgré ses efforts, la France allait perdre son triple A. « Je n’ose même pas appeler mon père Pal, avec un bulletin de notes aussi pourri, il serait capable de m’offrir une de ses peintures pour me punir ». Carla Bruni réfléchit, ce qui eut pour conséquence de lui tailler une seconde ridule. « Pourquoi n’envoies-tu pas Douillet tout défoncer chez Standard & Poor’s ? Si tu lui dis qu’ils cachent des caisses de steaks, il va foncer dans le tas. Ils ne t’embêteront plus avec les notes ! ».

Le président Sarkozy la contempla, abattu. « Si on perd le triple A, je perds l’élection. Je refile Angela à Hollande et on part en vacances tous les deux. De toutes manières, avec des notes pareilles, je ne vois pas ce que je vais pouvoir faire de ma vie ».

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Hervé Morin n’a rien à dire

Par Tanguy Pastureau le 02/12/2011 0 commentaires

Hervé Morin (AFP)

La compagne d’Hervé Morin se disait qu’elle avait de la chance. D’abord parce qu’elle sortait avec un beau gosse, sosie de George Clooney (pour peu qu’on le regarde de dos, dans le noir et avec de l’alcool dans le sang). Ensuite parce qu’il était toujours plein de petites attentions. Ainsi, elle le surprit en train de feuilleter un catalogue de la FRAM. « Hervé, tu nous prépares un week-end en duo aux Baléares ? Je t’aime ! ». Morin releva la tête. « Désormais, ce n’est plus Hervé, mais monsieur le Président. Et de quel droit me tutoyez-vous ? Enfin, pour toute demande d’autographe, voyez avec mon attaché de presse ».

Hervé Morin n’avait pas le début de la queue d’une idée qui lui permette de se distinguer des autres candidats à la présidentielle. C’est pourquoi il misait tout sur les lieux absurdes d’où il faisait ses interventions. Il avait filmé ses vœux de bonne année dans sa cuisine, les deux mains plongées dans les entrailles d’une truite et les joues ruisselantes de jus de porc. Il s’était déclaré candidat au pied du Pont de Normandie, ce qui était un excellent choix : les odeurs de rats crevés qui émanaient de la Seine provoquant des malaises en série chez les centristes, ses supporters, évanouis, n’avaient pas remarqué qu’il n’avait rien à dire.

Morin appela, en visioconférence, son conseiller en communication. « Gilles, avant que vous ne disiez quoi que ce soit : oui, je suis dans mes toilettes. J’ai choisi cet endroit pour compenser la platitude de mes propos. C’est pour vous clouer le bec que j’ai fabriqué cette pyramide, derrière moi, de rouleaux de papier hygiénique ». L’homme du Nouveau Centre avait finalisé son planning. « Le 15, je ferai un discours sur le viaduc de Millau. Je ne dirai rien d’important, puisque tout le monde regardera le viaduc. Si des journalistes me posent des questions sur mon programme, vu que je n’en ai pas, je sauterai à l’élastique depuis le pont. Sans élastique ; comme ça, si je meurs, on ne parlera pas de ma candidature. Le 17, je serai en conférence au Moulin Rouge. En mettant la musique à fond pendant que des filles avec des plumes dans la croupe dansent sans soutif, personne ne fera attention à moi. Enfin, pour le 19, j’ai cassé mon Codevi : pour la convention du Nouveau Centre, je me suis payé Lady Gaga. Elle va venir vêtue de steaks. Je ne lui ai pas dit que les gens seront équipés de fourchettes. Pendant qu’elle se débattra pour survivre, au moins, la presse ne parlera pas de mes idées ».

Le conseiller en communication l’arrêta. « Monsieur Morin, mais quelles idées ? ». Hervé Morin réfléchit, puis répondit : « Je n’en ai pas. C’est pourquoi, pour que nous en parlions, je préfère qu’on se donne rendez-vous demain, devant le Taj Mahal. Vous verrez, c’est magnifique. Et au moins, vous ne m’écouterez pas ».

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Marine Le Pen, une fille sans maires

Par Tanguy Pastureau le 24/11/2011 0 commentaires

(AFP)

Marine Le Pen était en train de pleurer lorsque son père Jean-Marie entra dans sa chambre. Il fit un bond en la voyant, et porta une main à son cœur. « Mon dieu, Marine, tu vas me faire crever ! J’ai cru que tu étais devenue noire ! Heureusement, ce n’est que ton maquillage qui a coulé partout ! ». La candidate du FN se précipita dans les bras de son père. « Papa, les maires, ils sont méchants avec moi ! Ils refusent tous de signer mon bulletin pour 2012 ! Il me faut 500 signatures, j’en ai 2 ! ». Le visage du père s’assombrit. « Je sais ce que c’est, mon poussin. Ces pourris m’ont fait le même coup, autrefois ».

En 2002 et 2007, le leader frontiste avait en effet eu toutes les peines du monde à réunir ses parrainages. Doté d’un physique costaud, il avait été contraint de menacer un par un les maires d’un coup de tête à la Zidane s’ils n’acceptaient pas de se prononcer pour lui, ses gardes du corps étant occupés à répandre de l’essence dans le hall de l’hôtel de ville, pour le cas où l’élu ne coopérerait pas, tandis que Bruno Gollnisch préparait les bombes incendiaires au napalm. Mais sa fille Marine, douce et délicate (comparée à un buffle stressé) n’avait pas les mêmes méthodes. Jean-Marie Le Pen, habitué à ruser, se mit à réfléchir.

« Je sais ! Ma caille, tu vas les avoir, tes 500 signatures ! ». Il ouvrit le placard de sa fille, dont l’intérieur de la porte était recouvert de posters des groupes Scorpions et Modern Talking. « Toutes tes affaires d’ado sont encore là-dedans, je n’ai rien touché ! Alors tu enfiles ton sweat-shirt Waïkiki, tu remets ton appareil dentaire, ton chouchou dans les cheveux, et tu fonces ! ». Marine Le Pen jeta un œil distrait à son journal intime, qui s’était ouvert à la page du 14 février 82. Y était inscrite cette phrase : « pour la Saint-Valentin, je vais dire à Babacar que j’ai envie de sortir avec lui ». Elle referma le journal, rouge de confusion. Il ne fallait surtout pas que son père apprenne qu’en 3ème, elle n’était pas, contrairement à ce qu’elle lui avait dit, folle amoureuse de Joran, le suédois de la classe, aux cheveux aussi blonds que ceux de la Belle des Champs.

Jean-Marie Le Pen poursuivit. « Justin Bieber est en France pour un concert. Alors tu te déguises en ado hystérique, tu vas à son hôtel, et tu fais signer un autographe à ce morveux ! Personne ne connait les noms des maires des petits villages. Ils penseront que Bieber est un élu de la Creuse ». Le visage de Le Pen s’illumina. « Demain, tu fais la même chose au concert de Frank Mickael. Tu t’habilleras avec les fringues de ta belle-mère. Et je me suis garé en double file ce matin : les pervenches, elles font toujours des signatures sur les contraventions ? ». Le Pen s’arrêta. « Hier, j’ai jeté un œil à ton journal. C’était qui, ce Babacar ? ».

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Hollande, roi des éléphants

Par Tanguy Pastureau le 17/11/2011 0 commentaires

François Hollande

François Hollande, qui avait enfilé un costume de Babar, contempla son équipe de campagne, réunie autour de lui. Il souffla. « J’ai chaud, là-dessous. J’aurais préféré que Luc Chatel me traite simplement de con, je n’aurais pas eu besoin de déguisement ». Pierre Moscovici s’avança, les yeux brillants d’émotion. « Tu es magnifique, François, on dirait le vrai. Je retombe en enfance. C’est la première fois que j’ai envie de te faire des bisous ». Puis il se saisit de son doudou et se mit à sucer son pouce.

Le nouveau directeur de campagne avait compris que l’image de Babar était bien plus sympathique que celle de Hollande. « Bon, est-ce que Valérie Trierweiler est prête ? ». La compagne de François Hollande s’avança, honteuse, flottant dans son costume de Céleste. Hollande la prit par la trompe. « C’est pour la bonne cause, mon amour. On va gagner. L’UMP s’en prend à moi, mais elle n’osera jamais attaquer Babar ». Moscovici mit un pied dans son costume du singe Zéphir. « Bien. J’ai appelé Chantal Goya, elle est d’accord pour chanter en ouverture de tous nos meetings. Elle pense pouvoir convaincre Oui-Oui de venir. François, tu feras tous tes discours dans le soulier qui vole ».

Il prit sa respiration, en approchant sa bouche des deux trous des narines de la tête du singe. « On va faire toute la campagne en comédie musicale. Si les enfants t’adorent en Babar, François, ils vont tous convaincre leurs parents de voter socialiste. J’ai demandé à Martine Aubry de faire la sortie des écoles déguisée en Blanche-Neige, elle va expliquer aux gamins que Mélenchon est le grand méchant loup. J’ai même intégré DSK dans la campagne : il a insisté pour faire la sortie des facs, je ne sais pas pourquoi. Il a trouvé un costume d’étalon ». « Babar ? Euh, François ? ». Hollande se tourna, et vit Arnaud Montebourg s’approcher dans son déguisement de Pluto, l’air ennuyé. « François, je quitte la campagne. Je suis désolé, mais Disneyland Paris m’a fait une proposition d’emploi que je ne peux refuser. Ils me proposent de prendre la tête de la parade de Mickey ».

François Hollande, se tournant brusquement vers Moscovici, lui donna par mégarde un grand coup de trompe. « Excuse-moi, Zéphir. Mais je viens de penser à un truc : où est passé Manuel Valls ? ». Moscovici, à terre, se releva. « Il est au deuxième étage, prêt à sauter par la fenêtre. Comme on a jugé qu’il ressemblait à Peter Pan, il faut absolument qu’il apprenne à voler ». Il sourit de toute sa tête de singe. « Le dernier sondage Le Journal de Mickey/Gulli place Babar à 80% d’opinions positives. Tu vas écraser Sarko ! ». Alors que tous saluaient le leadership de l’éléphant, en lui donnant de grands coups de pattes dans le dos tandis qu’un type déguisé en chat le léchait, Hollande chuchota à Moscovici : « Ne vendons pas la peau de Bouba avant de l’avoir tué. En 2007, Sarkozy a battu Bécassine ».

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