La Nouvelle Racaille Française

par Mabrouck Rachedi

La ferme Célébrités en Afrique du Sud

Par Mabrouck Rachedi le 20/06/2010 0 commentaires


TF1 ne lâche jamais. Les résultats d’audience de la Ferme Célébrités en Afrique ayant été décevants, la chaîne remet le couvert pour la Coupe du Monde. Le principe reste identique : mettez 22 joueurs à l’ego inversement proportionnel au talent, encadrez-les par une mauvaise production, enfermez-les en vase clos pendant et observez le spectacle pathétique de la comédie humaine. Dans l’émission de télé-réalité, Aldo quittait le jeu tandis que Greg et Mickaël se bouffaient le nez. Fainéante, la production a rejoué le même scénario. Nicolas part (ou ne part pas ?) tandis que Franck et Yoann se battent (info ? intox ?) dans l’avion. Raymond, le metteur en scène usé, vieilli, fatigué, traîne sa peine. Pas à une humiliation près, il lit le communiqué des joueurs démissionnaires qui refusent l’exclusion de Nico. Les producteurs tâtonnent, paniquent – un démissionne, l’autre manque se battre avec Patrice, le fermier en chef – et finalement les téléspectateurs se moquent de la mauvaise farce.

On se rappelle qu’un jour, un Français a dit « L’important, c’est de participer ». Pierre de Coubertin défendait les valeurs olympiques : plus haut, plus vite, plus fort. Depuis aujourd’hui on peut y ajouter : plus ridicule. Souvenons-nous aussi que la France n’est pas mathématiquement éliminée de la Coupe du Monde. Le Mexique et l’Uruguay seraient certes qualifiés en cas de match nul, mais l’une et l’autre des équipes a intérêt de gagner pour éviter l’impressionnante Argentine en 1/8ème de finales. Une belle victoire contre l’Afrique du Sud pourrait donc suffire à rattraper les débuts poussifs. Mais envisage-t-on seulement l’hypothèse ? « Abattu », l’entraîneur est hors jeu. « Très touché », le capitaine concentre son énergie à traquer le traître dans le vestiaire. Au milieu du champ de bataille qu’il a lui-même miné, le président de la Fédération « consterné » réaffirme sa légitimité comme s’il voulait lui-même s’en persuader. Le pire scénario semble paradoxalement celui d’une qualification imméritée qui étirerait le vaudeville interminable.

L’Histoire du sport nous montre pourtant que rien n’est impossible. Nos enfants gâtés du football devraient se rappeler que leur maillot est orné d’un coq – cet animal connu pour sa fierté. Pelé a dit « J’ai marqué un but mais Gordon Banks l’a arrêté ». De la même façon, j’aimerais écrire mardi soir que la France était éliminée mais qu’elle a réussi à se qualifier. Mais en attendant, Messieurs les célébrités de pacotille, la ferme s’il vous plaît !

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La Coupe du Monde est à moi

Par Mabrouck Rachedi le 15/06/2010 0 commentaires

Mes premiers souvenirs d’enfance sont liés au sport : les exploits de Noah à Roland Garros, la foulée majestueuse de Lewis, les coups francs magiques de Platini… En 1982, du haut de mes 6 ans, je m’ébaubissais du spectacle du Mundial espagnol où mes deux équipes de cœur figuraient déjà : la France et l’Algérie. Je construisais mon identité multiple, entre les deux rives de la Méditerranée. Je vibrais autant du génie  des quatuors  Madjer, Belloumi, Dahleb et Assad que Platini, Giresse, Genghini et Tigana. J’ai autant pleuré pour l’Algérie, éliminée en poule au terme du « match de la honte » entre l’Allemagne et l’Autriche, que pour la France, sortie par l’Allemagne en demi-finale à l’issue de la prolongation la plus folle de l’histoire de la compétition. Vingt-huit ans après, la France et l’Algérie, mes deux pays, se retrouvent en Afrique du Sud.  Comme toujours, je vais être mi-coq, mi-fennec. Fier d’être français et de mes origines, j’ai été élevé dans un bouillon de culture. Et ce bouillon de culture m’a élevé. La différence est une force qui a coloré ma vie, enrichi mon horizon, nourri ma créativité.

Au-delà de moi-même – ce que je suis, d’où je viens – j’ai toujours été ouvert sur l’ailleurs. Mon idole  argentine Maradona, l’increvable Camerounais Milla, le redoutable Allemand Matthäus, le phénix brésilien Ronaldo, le fin Croate Šuker, le chat italien Buffon… ont alimenté mon identité internationale. Par-delà les frontières, la solidarité, le génie individuel, l’intelligence collective, la générosité, l’engagement ont, à mes yeux, toujours primé. Au football comme dans la vie. Dans le dédale de mes souvenirs, impossible d’oublier 1998, où la France, portée par Lilian Thuram en demi-finale et Zinedine Zidane en finale, a soulevé le trophée chez elle. La victoire était en nous, la France multiculturelle. De même en 2006, où il s’en est fallu d’un coup de tête… Une leçon pour notre pays aujourd’hui : la France qui gagne n’est pas une identité nationale figée.  Accro aux déboulés de Ziani, aux débordements de Ribéry, aux crochets de Messi, aux passements de jambes de Ronaldo… pendant un mois, je vais rester scotché à mon téléviseur. Le sublime paradoxe de la vie fait que tous les quatre ans, un ballon rond m’ouvre les horizons de la terre et me… coupe du monde !

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L’injure raciale sans appel d’Hortefeux

Par Mabrouck Rachedi le 07/06/2010 0 commentaires

Vous pouvez retrouver ma tribune « L’injure raciale sans appel d’Hortefeux » sur le site de Respect Magazine :  http://www.respectmag.com/2010/06/07/l’injure-raciale-sans-appel-d’hortefeux-3723 .

N’hésitez pas à laisser vos commentaires !

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La racisme ridiculisé par les Indivisibles

Par Mabrouck Rachedi le 03/06/2010 0 commentaires

Le 27 mai a eu lieu la cérémonie des Y’a bon Awards. Le principe ? Récompenser les « meilleurs » propos racistes de l’année. Parmi les nommés, tout le gratin de la vie publique française : hommes politiques, journalistes, intellectuels, artistes…  Et même un président de la République. J’ai compté 114 citations ramassées en seulement un an, soit une parole raciste tous les trois jours. Et encore, tout n’a pas été recensé.  Il y a quelque chose de pourri au royaume d’Auvergne.

J’ai eu le redoutable honneur d’être l’un des 18 jurés des Y’a bon Awards. Organisée par « Les Indivisibles », cette action est la partie émergée d’une mobilisation de tous les instants de la centaine de membres de l’association. Via des interventions publiques (en particulier en milieu scolaire), un site Internet réactif à l’actualité *, des séries animées drôles et pédagogiques… « Les indivisibles » oeuvrent quotidiennement à la lutte contre le racisme avec  un mélange de profondeur et d’humour. « Étoitékoi », South Park de l’antiracisme condensé dans des épisodes de 3 minutes, résume l’esprit des Indivisibles : pertinence et impertinence au service de l’intelligence.

Parmi les grands vainqueurs : Sarkozy, Hortefeux, Barbier, Zemmour, Séguéla… Au fil des extraits, l’ambiance de fête de la soirée s’est alourdie. Comment rester insensible au message patriotique posté sur Twitter par Frédéric Lefebvre  « les exilés Afghans feraient mieux d’aller faire la guerre chez eux » ? Au coup de gueule cannibale d’André Valentin « je pense qu’il est plus qu’utile, qu’il est même indispensable que l’on réagisse car l’on va se faire bouffer […] par 10 millions que l’on paye à ne rien foutre ». Aux lumières de l’humaniste Zemmour professant « c’est la vie, la discrimination ». À l’analyse anthropologique de Séguéla énonçant « la force de l’Africain, c’est de savoir garder cette part enfantine que les autres adultes effacent ». Les rires ironiques ont laissé place à l’embarras puis à la tristesse d’une salle qui voyait défiler en accéléré  une année où l’outrance s’est décomplexée sur fond de débat sur l’identité nationale. Selon Ivan Rioufol la « discrimination est un mot creux qui envahit les discours, qui ne veut absolument rien dire ». Pour une fois, je suis d’accord avec lui mais pas du tout pour les mêmes raisons. Il ne s’agit pas seulement de discrimination, mais de racisme qu’il faut combattre indivisiblement.

*http://www.lesindivisibles.fr

 

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Comment j’ai perdu 4 kilos en une semaine sans faire de sport (4)

Par Mabrouck Rachedi le 29/05/2010 0 commentaires


Depuis Eloge du miséreux où j’ai révélé l’envers de ma vie d’aspirant écrivain, un aspect caché de mon parcours est devenu public. J’étais pauvre. Je n’avais donc aucun mérite à manger comme un pauvre matin, midi et soir. Depuis que je suis écrivain, je suis toujours pauvre. Je suis contraint de me comporter comme tel en dehors de ces périodes bénies où, invité, je stocke de la nourriture pour les périodes de vaches maigres. Comme le chameau à l’oasis,  je me gorge d’eau pour résister à la sécheresse du désert.

J’ai très facilement maigri en refusant des restaurants que je ne pouvais pas m’offrir, des dîners où je ne pourrais pas apporter le petit quelque chose que les règles tacites de la politesse commandent, des anniversaires, des petits cafés qui à force de se multiplier causent des grands dégâts au portefeuille. J’ai respecté à la lettre les règles de la barre de fer décrites dans Eloge du miséreux. En attendant, c’est Lidl, Aldi et ED.  Les supermarchés discount ont des vertus que la gastronomie ne connaît pas. Les prix sacrifiés font des estomacs massacrés mais bon…

J’ai assumé mon statut de reclus social avec une certaine hauteur, en me surélevant sur mon piédestal d’écrivain en quête de calme dans ce monde si agité. Le portrait de Victor Hugo barbu  dans son île enrobe l’isolement d’une aura créatrice magique aux yeux de mes interlocuteurs qui s’ébaubissent de mon sacerdoce monacal. Un pauvre invente des stratégies d’évitement imparables à l’opprobre social. Quand la nécessité l’impose, il improvise une course-poursuite avec ses créanciers. C’est certes un peu ennuyeux mais salutaire pour une dépense calorique garantie.

Comme je pars bientôt en voyage, je vais probablement à nouveau grossir. J’ai développé une plasticité corporelle digne de Robert De Niro dans Raging Bull (pour grossir) et de Christian Bale dans The Machinist (pour maigrir).  Après cela, je n’ai plus de grand voyage à l’horizon, je vais à nouveau redevenir le Mabrouck que vous avez pu voir sur quelques photos, avec 10 à 15 kilos de moins. La marge d’erreur correspond au nombre d’invitations imprévues que je pourrais recevoir. Je serai l’écrivain en  couverture du Poids d’une âme, avec les joues creuses, les pommettes saillantes et le grand sourire à la bouche. Une image en papier glacé : cette illusion immuable qu’est l’apparence du bonheur.

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Comment j’ai perdu 4 kilos en une semaine sans faire de sport

Par Mabrouck Rachedi le 25/05/2010 0 commentaires

Sans atteindre la cote d’alerte « Roussosiste », mon amaigrissement devenait de toute façon nécessaire. Une pression inhabituelle s’exerçait sur mon abdomen chaque fois que j’enfilais un de mes pantalons. Ma ceinture est devenue un élément de pure finition alors qu’elle tenait le rôle utilitaire de maintenir sur mes hanches mes vêtements flottants. Mes jeans larges sont devenus des jeans slims et mes jeans un peu serrés à la taille ont été remisés. Un kilo de plus et je devais changer ma garde-robe. Ô catastrophe ! Je me voyais mal me rendre à des rendez-vous un tant soit peu sérieux en survêtement. C’est comme en boîte, si Beigbeder le fait, c’est excentrique – voire ça devient une mode, mais si c’est moi, je me fais refouler comme un malpropre.

Un détail essentiel des invitations est qu’elles sous-tendent une gratuité fort sympathique. Mais hors ces moments de grâce, l’écrivain doit réapprendre à composer avec les contraintes sociales d’une vie normale comme l’astronaute revenu sur terre doit réapprendre à marcher avec la force de gravité. La sagesse populaire dicte à la personne en quête de la silhouette idéale de prendre un petit-déjeuner de roi, un déjeuner de prince et un dîner de pauvre. Moi, j’ai agi différemment…

Fin de la troisième partie…

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« La petite Malika » de Habiba Mahany et Mabrouck Rachedi

Par Mabrouck Rachedi le 19/05/2010 0 commentaires


Il y a certes une faute à mon prénom mais je ne résiste pas au plaisir de publier la photo de couverure de « La Petite Malika », co-écrit par Habiba Mahany et moi-même. Le roman est à paraître aux éditions Lattès en septembre 2010. Je vous présenterai bientôt ce dernier livre dont ma soeur et moi sommes très fiers.

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Voyageur de la paix à Casablanca et à Fès (Maroc)

Par Mabrouck Rachedi le 02/05/2010 0 commentaires

J’ai récemment passé une semaine au Maroc avec une dizaine d’autres écrivains, photographes et journalistes. Nous étions tous des « voyageurs de la paix » dont les témoignages sont recueillis dans un blog collectif. Retrouvez trois de mes textes en anglais et en français en cliquant sur ces liens :

1/ « Casablanca, entre modernité et tradition »/ « Casablanca: between modernity and tradition », deux photos légendées à Casablanca :

http://uipeacework.wordpress.com/2010/05/01/casablanca-between-tradition-and-modernity/

2/ « Ça soufi »/ « Simple Life », récit d’une rencontre avec un chef spirituel soufi dans un village près de Fès :

http://uipeacework.wordpress.com/2010/05/01/simple-life/

3/ « En occident, vous avez l’heure. Nous avons le temps »/ « In Western countries, you have the clock. We have the time”, portrait d’Ali, barbier à Fès :

http://uipeacework.wordpress.com/2010/05/01/%e2%80%9cin-western-countries-you-have-the-clock-we-have-the-time%e2%80%9d-arabic-proverb/

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L’Islande n’existe pas

Par Mabrouck Rachedi le 18/04/2010 0 commentaires

Avant le 14 avril 2010, je n’avais aucune preuve formelle de l’existence de l’Islande. Suis-je déjà allé en Islande ? Non. Est-ce que je connais un Islandais ? Non. Pour moi, l’Islande était une entrée dans le dictionnaire des noms propres, un point vague au Nord dans la carte de l’Europe, une vaste blague inventée par la chanteuse Björk pour justifier son look improbable. L’Islande, ce lieu théorique que seul Wikipedia prétend connaître, serait une nation de 103 000 km2 et de 320 000 habitants. Elle se tenait tranquille dans son coin quand l’éruption d’Eyjafjallajökull l’a rappelé à notre mémoire qui n’en demandait pas tant. Je crois résolument aux Lumières, au progrès scientifique, à la civilisation en marche mais force est de constater qu’un pays capable d’inventer un nom aussi barbare n’est rien d’autre que barbare. La dernière fois, j’ai fermé les yeux pour écrire au hasard sur mon clavier d’ordinateur et le résultat a été : Eyjafjallajökull. J’imagine les mots islandais : zefkjljefjfjk, fhdfkhdkfhkh, flehferiofhif. Un vocabulaire rempli de fautes de frappe ! En fait je me trompe, des personnes capables d’apprendre, mémoriser et prononcer des mots à 50 syllabes sont au sommet de l’échelle de l’évolution, une nouvelle branche post-humaniste d’homo sapiens. En Islande, chaque mot est une phrase ou ce n’est pas possible.

En France, les volcans sont associés à Valéry Giscard d’Estaing et à son Vulcania. Pour les victimes d’une amnésie heureuse entre 1974 et 1981, Giscard est un ancien président de la République qui s’est ridiculisé en disant « au revoir » d’un air pincé au soir de sa défaite à la présidentielle 1981, traînant sa peine vers une porte dérobée au rythme d’une Marseillaise lasse.  Le bilan de Giscard, c’est d’avoir réussi à exister à travers le temps grâce au générique des « Enfants de la Télé » et à des milliers de bêtisiers. Quand je pense à l’Islande, je vois  320 000 Islandais ânonnant « au revoir » avec des faux airs de Droopy.  Comme l’a dit l’autre, les Auvergnats, quand il y en a un ça va, c’est quand il y a en a beaucoup qu’il y a des problèmes. Au moment où les grands pays du monde signent un traité de non-prolifération nucléaire, l’Islande dégaine son arme volcanique, paralysant les aéroports européens. En ce moment, je devrais être à Jérusalem avec une dizaine d’écrivains du monde, chacun témoignant de son expérience. Au lieu de quoi, le berceau des religions se refuse à moi  à cause d’un pays qui n’existe pas peuplé par des habitants qui n’ont jamais existé.

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Dialogue avec la mort

Par Mabrouck Rachedi le 16/04/2010 0 commentaires

En pleine nuit, le battant de ma fenêtre se met à claquer violemment. Les rideaux gonflent, comme soulevés par le vent, mais une masse informe se dégage et avance dans la pénombre.

La masse : Je suis la mort.

Assommé de fatigue, j’entends un murmure rauque et indistinct.

Moi : Lââm ? Tu as encore changé de look ?

La masse : Je suis la moooooort.

Moi : Oh merde. Vous êtes sûre que c’est la bonne adresse ? Jean-Marie Le Pen n’habite pas là.

La mort : La mort ne se trompe jamais.

Moi : Pourquoi moi ?

La mort : Pourquoi pas ?

Moi : J’ai encore de belles années à vivre !

La mort : J’en ai fauché des plus jeunes que toi.

Moi : J’ai plein de livres à écrire !

La mort : J’en ai fauché de plus talentueux que toi.

Moi : Espèce de crâneuse, t’as vraiment des répliques trop mortelles.

La mort : Normal.

Moi : T’es sûr que c’est pas une blague ?Avec cette capuche remontée sur la tête, tu ressembles plutôt à une illuminée du Ku Klux Klan. Et avec ta faux, t’as un faux air d’une nostalgique du communisme.

La mort : Est-ce que tu as une dernière phrase que tu aimerais prononcer pour la postérité ?

Moi : Là, comme ça, en deux minutes ? T’as pas l’impression que tu fous la pression ?

La mort : C’est que j’ai pas mal de boulot moi.

Moi : Tu voudrais pas prendre un petit RTT là, maintenant, tout de suite.

La mort : Mon métier, c’est ma passion.

Moi : Tu prends le même plaisir quand tu élimines Hitler et Beethoven ?

La mort : C’est comme dans tous les jobs, y a des hauts et y a des bas.

Moi : Tu as un CV vachement orienté quand même. On dit que les dictateurs meurent vieux…

La mort : Je ne suis qu’une exécutante.

Moi : Pose ta dem’ et on n’en parle plus !

La mort : J’étais venue t’infliger une mort douce en plein sommeil mais je crois que je vais faire durer le plaisir.

Moi : C’est bon, fais pas ta vénère juste parce que j’aime la vie !

La mort : Viens ! Maintenant, tu dois te résoudre au départ éternel.

Moi : Et si je t’écris un livre avec une spéciale dédicace ?

La mort : J’ai refusé ce privilège à Shakespeare, alors à toi…

Moi : Et si je te danse un moonwalk de la mort ?

La mort : Rappelle-toi que j’ai emporté Michael Jackson himself.

Moi : Et si je me mets à genoux en t’implorant ?

La mort : C’est le réflexe de la moitié de ma clientèle.

Moi (à court d’arguments) : Et si je t’écris un post sur mon blog ?

La mort (hésitante) : Le fameux blog de la Nouvelle Racaille Française ?

Moi : Ouaip. Je te promets que ça déchirera sa mère et que je ne dirai rien de ton visage décharné et de ton haleine qui pue la mort… euh approximative.

La mort : Un billet r-r-r-r-rien que pour moi ?

Moi : Siglé NRF et tout et tout.

La mort : OK mais si c’est de la merde, je reviens demain.

Moi : Tu peux faire un crochet chez Le Pen entre-temps, il est vieux et a renoncé à se présenter à la prochaine présidentielle.

La mort : Je le consigne sur mon cahier de doléances. Tu n’es que le 35 millionièmes à me demander cette faveur.

Moi : Puisque je suis épargné…

La mort : En sursis, plutôt.

Moi : Tu peux me dire qui a tué Kennedy ?

La mort : N’essaie pas d’en profiter.

Moi : J’aurai essayé.

La mort : Travaille bien ton post ou réfléchis à ton dernier mot pour la postérité.

Moi : Ce chantage minable ne te remonte pas dans mon estime.

La mort (avec une intonation giscardienne) : Au revoir.

Moi : Tu ne voudrais pas fermer la fenêtre s’il te plait ?

La mort : Tu me prends pour ton chien ?

Moi : Nan mais je ne voudrais pas attraper la mort.

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