Dernières nouvelles du milieu

Par Jérôme Pierrat

Sanglant

Par Jérôme Pierrat le 21/09/2011 0 commentaires

A six heures ce matin, un centre-fort de la société Thémis a été attaqué à Orly-ville (94). Faisant un mort, un convoyeur tué dans l’explosion de la porte d’entrée. Le commando de six hommes était classiquement habillé en policier et équipé de Kalachnikov.

Ces dernières années, les centres étaient moins ciblés que les fourgons pourtant plus durs à « faire » en raison de leur mobilité. Le centre-fort, moins technique, demande néanmoins une plus lourde logistique, notamment en hommes : il faut neutraliser les employés, prévoir les entrées de fourgon etc. Ce qui explique sans doute l’heure très matinale de l’attaque, histoire de réduire le nombre de personnes présentes et de taper lorsque le centre est en activité réduite.

Les morts de convoyeurs lors des attaques de centres ou de fourgons ont heureusement fortement diminué ces dernières années (le dernier date de 2007) comparés à la décennie 90 et ses vingt- trois morts tombés quasiment tous lors de braquages de fourgons à une époque où les blindages de « tirelires » ne stoppaient pas le calibre 7, 62 des kalachs.

Le décès de ce matin est-il du à un mauvais dosage de la charge ou le convoyeur se tenait-il juste derrière la porte ? Le maniement de l’armement militaire est délicat. Lors de la première utilisation du lance roquette sur une attaque de fourgon, en 1985 dans le quartier Ste Marthe de Marseille, les trois convoyeurs avaient été tués et l’argent entièrement brulé.

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Comme les grands…

Par Jérôme Pierrat le 18/09/2011 0 commentaires

Dans la nuit de samedi à dimanche, quatre cagoulés ont été surpris à l’étage du service de traumatologie de l’hôpital Beaujon à Clichy (92) où séjourne un garçon de 26 ans grièvement blessé lors du double réglement de compte de Tremblay en France survenu mercredi (le 14). Le quatuor qui a réussi à se sauver est fortement soupçonné d’avoir voulu achever ce rescapé de la tuerie.

Une action qui n’est pas sans rappeler quelques précédents…

Le 27 décembre 1969, Antoine Mondoloni, le fils naturel de Barthélémy « Mémé » Guérini (qui règnait sur la prostitution marseillaise avec son frère Antoine), était poignardé dans sa chambre d’hôpital où il se remettait d’un accident de la route. Mondoloni qui venait de sortir de prison était le tueur désigné de Robert « Bob » Blémant, ancien commissaire de la DST qui avait rejoint le Milieu et en était devenu l’un des plus gros caïds avant d’être abattu en 1965.

Plus récemment, le 8 janvier 2009, Leonidas Vargas, un boss colombien de 60 ans surnommé El viejo (ancien associé de Gacha le Mexicain du cartel de Medellin) était abattu de quatre balles dans sa chambre d‘un hôpital de Madrid en Espagne.

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Conflit caucasien

Par Jérôme Pierrat le 13/09/2011 0 commentaires

Nice pourrait bientôt s’enflammer. Pas du fait du milieu traditionnel ni des voyous des cités, mais du conflit larvé qui oppose les truands tchétchènes et arméniens qui ont fait de la ville leur capitale française. Et dont les patrons sont hors course.

Abdulla Erzanukayev surnommé Abdulla l’Autrichien, le boss tchétchène de 56 ans qui régnait sur sa communauté a été abattu en mai dans un appartement du boulevard Grosso par un arménien de nationalité georgienne chez qui il dinait (comme je l’avais alors relaté sur ce blog). Il n’était pas la seule victime de cette soirée sanglante, un Vor v zakone (un voleur dans la loi) arménien de 39 ans, Edvard Margaryan surnommé Edo Oktemberyanskiy (il était originaire de la ville d’Oktemberyan) avait également succombé aux tirs de 22 long rifle. Il était venu à Nice depuis Barcelone pour régler avec Adulla l’Autrichien le conflit qui l’opposait à des groupes tchétchènes. Manque de chance, leur hôte qui avait vraisemblablement abusé de la bouteille ce soir-là, avait l’alcool mauvais…

Bref, faute de résolution lors de ce diner sanglant, le conflit couve toujours entre les deux communautés criminelles.

D’autant que comme je le disais plus haut (je sais c’est un peu difficile à suivre…), les truands arméniens sont eux aussi privés de chef qui pourrait tempérer les esprits les plus chauds. Le leur, Mirdat surnommé Miro, n’est cependant pas définitivement hors jeu : il est momentanément incarcéré (depuis mai) pour une affaire de fausse monnaie.

Pour mémoire : le 21 avril 2004, Miro avait été l’objet d’une tentative d’asassinat à Nice par deux tchétchènes.

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Notre époque

Par Jérôme Pierrat le 07/09/2011 0 commentaires

Samedi soir (le 3), la voiture d’un surveillant de la prison du Pontet en banlieue d’Avignon explosait devant son domicile. Et à priori ce n’était pas le fait d’une fuite d’essence et d’une cigarette tombée par hasard… mais d’une « bombe » sciemment placée là. Bref, ce monsieur a apparemment été la cible d’un (ex)-détenu revanchard. Certains syndicalistes de la pénitentiaire, légitimement inquiets, dénoncent une montée de la violence (en avril en Corse deux voitures de surveillants de la maison d’arrêt de Borgo ont été incendiées), symptomatique de notre époque. Pourtant, si les agressions de surveillants hors les murs sont rares en France, il existe des précédents sanglants. Pour n’en citer qu’un : à la fin des années 70, un surveillant chef de la centrale de Nimes était abattu dans une rue de la ville. Il avait précédemment été en poste au Quartier de Haute Sécurité (QHS) de la centrale de Mende,  la pire « taule » de l’époque. Il y  avait notamment accueilli les mutins de la centrale de Clairvaux en 1974 – une révolte qui avait alors entrainé une vague de mutineries dans les prisons françaises. Parmi eux : le lyonnais René Nivois qui sera plus tard accusé d’avoir fait abattre son rival Raymond Vacarizzi par un sniper dans sa cellule de Barcelone, Michel Papet dont le livre « les liens du sang » a été adapté au ciné et le marseillais Antoine Cossu dit Tony l’anguille ; tous arrivés par le même convoi que Jacques Mesrine qui sera transféré ensuite à la Santé d’où il s’évadera. Durant cette dernière cavale, il ne se vengera pas sur des surveillants… mais tentera d’enlever le juge Petit qui avait présidé son procès d’assises en 77 et laissera pour mort le journaliste Jacques Tillier. Qui a dit que notre époque était violente ?…

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Un oeil dans le rétro

Par Jérôme Pierrat le 14/08/2011 0 commentaires

En ce moment, la « mode » est au braquage de Distributeur Automatique de Billets à l’explosif. Pas en faisant sauter la porte qui permet d’accéder au coffre et encore moins en s’en prenant directement au distributeur comme on l’a vu ces dernières années. Non, cette fois, les dabistes sont équipés d’une ceinture d’explosifs et contraint, sous la menace d’être pulvérisés, de vider les distributeurs. Le 6 août -où deux DAB au Blanc-mesnil et à Asnères étaient vidés-, c’était la troisième affaire de ce type en moins d’un mois. La série a commencé le 16 juillet avec 250 000 euros raflés à Rueil Malmaison (92) puis le 1er août un duo de braqueurs qui s’était attaqué à un dabiste à Colombes s’est fait serrer.

En 2004 et 2005, la région parisienne avait déjà connu une série de prise d’otages de dabistes contraints d’effectuer leur tournée accompagné des malfrats. Mais à l’époque, les employés des sociétés de transports de fonds étaient braqués avec des armes. Si la technique de la ceinture explosive (à priori factice) est inédite pour vider des Dab elle n’est pas une nouveauté en France et encore moins inspirée d’une pseudo technique colombienne… comme l’ont affirmé certains policiers aux médias… Les mecs de cité qui la pratiquent ont seulement eu besoin de regarder en arrière…

Le 16 décembre 1992,  146 millions de francs soit 22 millions d’euros étaient dérobés à la banque de France de Toulon. A 7h00 du matin, le gardien de nuit avait du accompagner à la banque une équipe de braqueurs qui l’avait équipé d’une ceinture contenant soit-disant trois cents grammes d’explos.

D’ailleurs le toulonnais Jean-Claude Kella raconte cette histoire de manière romancée mais fort bien documentée dans Hold-up à paraître le 22 septembre.

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Le Turc n’est plus

Par Jérôme Pierrat le 29/07/2011 0 commentaires

Les post se suivent et se ressemblent… Ce matin Joël le Turc a été abattu dans un cybercafé du 6e arrondissement de Marseille par deux hommes à moto. Egalement surnommé « le Libanais » ou « le Cobra », Souhel Abdelmasih Hanna-Elias, né en mars 1956 à N’Djamena et fiché au grand banditisme, s’était spécialisé dans les machines à sous. Il avait commencé sa carrière à Marseille avant de créer en 1996 une société de jeux à la Courneuve (93). Les machines lui avaient valu trois arrestations : à Paris en 1999, à Marseille l’année suivante, et à Pontoise en 2002. Entre-temps, Francis Vanverberghe dit le Belge, dont il était très proche, avait été abattu en septembre 2000 à Paris. Ce qui, étonnement aux yeux de certains, n’avait pas eu l’air de l’inquiéter beaucoup… De là à ce qu’on le soupçonne d’avoir sciemment fermé les yeux voire d’être mêlé à l’histoire…

Le Turc avait poursuivi son chemin : en 2005 il avait été détenu à Lyon pour extorsion et séquestration, et l’année suivante il était arrêté pour avoir « protégé » des parties clandestines dans le 93, à Bagnolet et aux Lilas, en compagnie entre autres de son camarade Philippe O. surnommé « le SS ». Pour cette affaire, le Turc avait été condamné à deux ans en 2009.

A l’époque il se serait mis au vert en Afrique quelques temps, ce qui coïncidait étrangement avec la sortie de prison de certains proches du Belge. Ces derniers temps le Turc aurait navigué entre Paris et Lyon, continuant d’éviter le plus possible Marseille. Mais pas assez visiblement.

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Marseille, un mort de plus

Par Jérôme Pierrat le 20/07/2011 0 commentaires

Il y a deux heures, Marseille a connu un nouveau règlement de compte. Ce n’est pas un garçon des quartiers qui était visé cette fois mais Roland Gaben né en 65 et fiché au grand banditisme depuis 2006, présumé membre de la bande de St Gabriel et considéré comme le taulier du quartier du Panier. A 9h00 alors qu’il circulait en scooter dans le quartier St Antoine  (15e), une camionnette l’a percutée avant que les occupants d’une voiture ne l’achèvent au fusil de chasse. Gaben, en ménage avec une propriétaire de studios parisiens était connu pour proxénétisme aggravé et extorsion de fonds.

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Des relents mafieux

Par Jérôme Pierrat le 18/07/2011 0 commentaires

Désolé, mais en juillet comme les cyclistes du tour, j’étais sur les routes…

Pendant ce temps-là, les Italiens ont fait parler d’eux. Au moins deux « actus » laissent entrevoir la présence des mafias transalpines en France. Le 6 juillet dernier, la PJ de Lyon démantelait un réseau de revente d’outillage contrefaits actif dans toute la France. Les neuf napolitains « refourguaient » des groupes électrogènes, des pompes à eau, des marteaux-piqueurs, des tronçonneuses, des postes à souder importés de Chine. Un business notoirement contrôlé par la Camorra, qui semble miser sur la passion pour le bricolage des français. En décembre et en juin 2010, deux  réseaux similaires étaient déjà tombés à Lyon et à Nice.

Par ailleurs, le 9 juin, la police italienne a serré à Arma di Taggia (près de San Remo) Luciano Magnoli, né en décembre 1961 à Rosarno (Calabre). Il était recherché en France suite à sa condamnation en 2010 à 10 ans de prison pour trafic de cocaïne. En février 2007, avec son frère Antonio, il avait été interpellé à Marseille dans le cadre d’une filière de coke dans laquelle étaient également impliqués des voyous français qui importaient depuis l’Espagne. Les frères Magnoli, eux, auraient fait l’intermédiaire avec la ‘Ndrangheta dont ils sont considérés comme très proches.

La fratrie (ils sont huit en tout, nés entre 1947 et 61) installée à Vallauris sur la Côte d’Azur est dirigée par l’aîné, Ippolito dit Pepe, désigné comme membre du clan calabrais Molé-Piromalli et actuellement détenu en Espagne pour un trafic de cannabis. En prison, tout comme l’un de leurs jeunes cousins interpellé le 17 juin à Vintimille, de l’autre côté de la frontière, avec onze autres Calabrais liés à la ‘Ndrangheta dans le cadre d’une affaire d’usure, de trafic d’armes et de stups.

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Un siècle de trains marseillais

Par Jérôme Pierrat le 08/07/2011 0 commentaires

La vingtaine de marseillais qui a dépouillé jeudi soir un train de marchandises à hauteur de la cité Ruisseau-Mirabeau en bloquant la voie avec des poutres et des chariots de supermarché perpétue une spécialité bien locale. A partir de 1910 et jusque dans les années 30, les dévaliseurs de trains comme les surnommait la presse de l’époque ont multiplié les coups de main à Marseille. Parmi eux Maucuer qui a sévi dans les années vingt avant de finir sous la guillotine après le hold-up en avril 1932 de la poste de St Barnabé qui coûta la vie à trois policiers.

La tradition (réservée aux jeunes voyous) s’est perpétuée après-guerre : le marseillais Charly Bauer, un temps complice de Mesrine, a fait ses premières armes comme dévaliseurs dans les années 60.

Une seule affaire – celle du « train de l’or » en septembre 1938 – est restée dans les mémoires. Forcément, là il ne s’agissait pas de cartons de marchandises mais de 180 kilos d’or ainsi que des diamants et des rubis bruts braqués par deux équipes de la Belle de Mai et de St Jean emmenées respectivement par Gu Méla et Paul Leca. Quelques minutes après avoir quitté la gare St Charles, le train s’était arrêté mystérieusement à hauteur de St Barthélémy. Les voyous cachés derrière une palissade avaient alors mitraillé l’équipage avant de s’enfuir en camionnette avec le butin.

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Fin de cavales…

Par Jérôme Pierrat le 04/07/2011 0 commentaires

Le beau temps ne réussit pas aux « cavaleurs ».

Dimanche soir, Djamel Hakkar, en fuite depuis 2009, était interpellé  à la terrasse d’un café près de la place de l’étoile à Paris. Pas très loin de son quartier d’origine, la cité Pablo Picasso à Nanterre (92). Djamel, qui s’était évadé de la voiture qui l’emmenait en prison après une condamnation à 4 ans pour un trafic de stups, a été – selon la version officielle- reconnu par un équipage de la Bac.

Il faut dire qu’il appartient à une fratrie « célèbre ». Son frère Hamid, né en 68, s’est évadé (par substitution de personne lors d’un parloir) en 1998 de la prison de Villepinte où il était détenu pour stups. Il a été arrêté en compagnie d’Antonio Ferrara en 2003. Depuis, il a été condamné à 3 ans pour les stups, 15 pour un règlement de compte en 1996, et 2 pour avoir fourni des faux papiers à Ferrara pendant sa cavale. Et en 2007, il a été poursuivi pour blanchiment avec ses frères Farid et Djamel.

Un autre frangin Hakkar, Kamel, a lui aussi cavalé, en Espagne, après un braquage en 1994. Repris et renvoyé en France, il a de nouveau été arrêté en 2005 pour vol et condamné à quatre ans

Quelques jours avant le serrage de Djamel Hakkar, mardi exactement, c’est Redoine Faïd qui était interpellé après six mois de cavale alors qu’il était lui aussi attablé à la terrasse d’un café de Villeneuve d’Asq. Il a depuis été incarcéré et mis en examen pour le non-respect de sa conditionnelle. Et contrairement à ce qui a été écrit, il lui reste deux ans et quelques mois à faire et non huit ans. Condamné à dix-neuf ans, il est sorti au bout de dix, avec à la clé quatre ans de conditionnelle. Il en avait fait (presque) deux lorsqu’il s’est envolé le 11 janvier dernier.

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