
Christain Louboutin et une de ses créations Crazy
Le créateur des fameux stilettos aux semelles rouges a pris les rennes du mythique cabaret parisien avec son spectacle Feu. Christian Louboutin laisse libre cours à son éternelle passion pour les danseuses et à un érotisme sulfureux à travers quatre tableaux dont la musique est signée David Lynch, Swizz Beatz et Natacha Atlas.
Christian Louboutin et le Crazy Horse, c’est une évidence ? Finalement oui. J’avais déjà fait des choses pour les filles du Crazy, Dita van Tesse, Arielle Dombasle ou Pamela Anderson. Mais jamais à ce point. Ce fut avant tout une partie de plaisir.
Qu’est ce qui vous a séduit dans cette aventure ? C’est exactement ça. Une aventure. Et Quand Andrée Deissenberg, la directrice générale de l’établissement m’a proposé de prendre en charge la direction artistique de la revue, j’ai dit oui. Ce qui ne me rassemble pas, parce qu’en général, je commence par dire non et après je réfléchis. Là, c’était irrésistible. J’ai vu ce show comme une suite assez légitime voire organique.
Combien de temps, vous a t-il fallu pour concevoir ce spectacle ? Nous en avons parlé il y a presque un an. Puis les choses ont commencé à s’accélérer il y a 3 mois. Il faut savoir tout assembler comme pour un soulier. Je l’ai en tête, reste à le faire marcher, le régler. Et si ça ne fonctionne pas, j’abandonne et je recommence. Par exemple dans le numéro « Les legs » (jambes), les talons étaient très très longs et noirs. Du coup avec le fond de la scène et la lumière, ils disparaissaient. J’ai dû passer à de l’argenté. Maintenant, ça fonctionne. Ce sont des détails, mais ils sont importants et il y en a eu beaucoup.
Qui de Christian Louboutin ou du Crazy Horse a dû s’adapter à l’autre ? Les dynamiques étaient de rester dans les codes du cabaret et de voir, là où je pouvais tenter des choses qui allaient s’entendre. A l’image d’un mariage. Mes souliers ont disparu pour laisser place à la danseuse. Ce qui est amusant, c’est que, quand je dessine en pensant aux danseuses, en fait ça ne leur est pas destiné. Les souliers les plus évocateurs de music-hall ne sont pas adaptés à cet univers. Les talons étaient trop fins et sans brides. Impossible. C’est donc moi qui me suis adapté parce que je suis à leur service et à celui des femmes en général.
Qu’est ce que vous n’avez pas encore fait ? J’avais commencé à écrire un scénario pour co-réaliser un film avec une amie réalisatrice. J’aimerais vraiment aller au bout de cette idée, même si je ne m’impose pas de délais. Puis une chose totalement impossible : être un soir, dans la peau, d’un chanteur Prince ou Tina Turner. Rien n’arrive à la cheville m’a t-on dit, de ce sentiment incroyable que d’être sur scène face à un public qui vous porte. Comme je chante très mal, cela restera hélas, dans le domaine du rêve. Enfin, à chaque fois que j’y vais, je me dit que j’aimerais prendre le temps faire toute la muraille de Chine Du début à la fin.
Si je vous confiais une baguette magique, vous en feriez quoi ? J’essaierai de me faire pousser les cheveux histoire de voir si elle fonctionne (rires). C’est vrai. Quand on commence à les perdre, il y a toujours une période extrêmement traumatisante ensuite on fait avec. Mais j’aimerais bien voir la tête que je pourrais avoir.
FEU de Christian Louboutin, jusqu’ au 31 mai 2012 – Plus d’infos : lecrazyhorseparis.com