Pirate raisonnable ou téléchargeur compulsif ? Adepte du blockbuster ou collectionneur de films des années 30 ? A en croire le classement établi comme chaque année par TorrentFreak, le geek de base est vraiment un cinéphile de base. Franchement, aller télécharger Avatar en 2D… Si vous vouliez faire le plein de bleu, il y avait, au choix, l’intégrale des Stroumpfs, ou, en version plus aqueuse, le film de Luc Besson avec des morceaux de dauphin dedans.
Avatar en 2D, ça rime à quoi ? Un scénario indigent, un ramassi de clichés et de bons sentiments. Ok, on peut apprécier l’exploit technique mais alors dans ce cas pourquoi télécharger en 2D ? Autant vous l’avouer, ça me dépasse. Et merci d’avance : pas de trolls dans les commentaires…
Bon revenons aux choses sérieuses et à nos moutons : « Dis-moi ce que tu télécharges, je te dirais qui tu es ».
1. Le bouffon. Lui, c’est bien simple. Il paye environ 30 euros par mois et estime qu’il faut rentabiliser l’investissement. Tout ce qui passe sur les réseaux mérite d’être téléchargé. Alors bien sûr, on préfèrera choper du blockbuster sans intérêt, genre le 7e épisode de « Mon beau père et moi » ou « Sauvez Willy 13″, plutôt que du film indépendant. On dirait que le film a été capté avec une caméra Mickey par un mec atteint de la parkinson ? Pas grave, on prend quand même. Idem pour les séries en pagaille. Pour résumé, le bouffon télécharge environ 33 heures de vidéos par jour. Et n’en regarde qu’une heure à tout casser. Ben oui, y’a Arthur et Kad Merad sur TF1.
2. Le porn-addict. Pas besoin de vous faire un dessin. Avec lui, Playboy va mettre la clé sous la porte en 2011. Le magazine érotique, c’était bon pour papa. Aujourd’hui, il y a YouPorn pour le streaming et les « torrents de bits » pour les longs métrages. L’abonnement à Dorcel TV ? Non merci, ça laisse des traces (aucun sous-entendu ici). Le pire qui puisse arriver un jour à un porn-addict ? qu’après avoir téléchargé le 2.546e hentai du mois, il s’aperçoive en fait qu’il a récupéré un film, un vrai. Voire même Avatar.
3. Le fan de séries. Il guette, il rôde sur les forums en ligne américains. Il a résilié son abonnement à Télé 7 jours pour apprendre par coeur les horaires de diffusion de HBO et d’ABC. Quand on lui dit S04E19, il sait qu’il ne s’agit pas de la référence consommateur de son dernier pot de Nutella mais que c’est le 11ème épisode de la quatrième saison de The Big Bang Theory qui vient de sortir. Et il le lui faut le plus vite possible. Et en V.O. Comment le repérer : il lui arrive régulièrement de débarquer au bureau avec des cernes pas possibles. « Ben ouais, tu vois, j’ai fait un marathon The Closer, j’ai réussi à voir 22 épisodes d’affilée en 24 heures ! ». Y’a des records comme ça, si t’es pas dedans, tu peux pas comprendre.
4. Le benêt. Il se rêve en pirate alors qu’il n’a fait que télécharger une extension de Firefox pour enregistrer les vidéos diffusées sur YouTube. Un ami qui s’y connaît lui a conseillé le mois dernier eMule mais il n’arrive pas à le faire fonctionner correctement. Pareil, il ne parvient pas à installer The Pirate Bay sur Windows Vista. Bref, Megaupload, ce sera à son programme en 2015. Mais il faut le chérir ce pirate en herbe… et définitivement l’inviter à l’apéro, pour un « dîner de con » 2.0. Quand il va vous raconter qu’il ne comprend pas pourquoi on ne peut pas transformer un .MOV en .MP4 simplement en changeant l’extension du fichier, ce sera la poilade assurée.
5. L’amoureux de l’amour. Ok, pas de mensonge entre nous, ce profil là est surtout féminin. Notre petite pirate en herbe a trouvé un métier et ne peut donc plus se repaître des téléfilms à la guimauve du début d’après-midi sur M6 en semaine. Et le replay ne lui suffit pas. Elle écume donc les réseaux de téléchargement avec encore et toujours le même filtre : « romance ». Pour résumé, si elle pouvait capter la chaîne Hallmark en France, elle le ferait, mais ce n’est qu’un doux rêve. Alors, avec son petit caniche toy sur les genoux, elle télécharge des films comme « Un fiancé pour Noël », « Une preuve d’amour » ou « Coup de foudre à Brookins Harbour » (je suis sûre qu’au moins un de ces films existe vraiment).
6. Le cinéphile intellectuel. Ou comment être frustré en permanence. Genre tu cherches la toute première apparition de John Cassavetes dans un film (pour info, c’est dans Fourteen Hours, sorti en 1951) et tu ne trouves que… Avatar. Pire, tu es en quête d’un vieux film en français. C’est quasiment mission impossible. Par définition : si le Français était partageur et altruiste, ça se saurait. Donc à moins de tomber sur une version sous-titrée en anglais ou en russe, bon courage. Mais notre pirate ne baisse pas les bras car il ne rêve que d’une chose : reconstituer sa super collec’ de VHS qu’il a débuté en 1982 et qui contient près de 856 longs métrages, y compris les coffrets complets de Fritz Lang, de Jean Renoir et de Luis Buñuel.
7. Le peureux. Lui, c’est le pirate honteux. Il télécharge mais il flippe à mort. Pour lui, Hadopi est une vraie menace. Il ose à peine ouvrir sa boîte mail. L’arrivée du facteur le met en transe, à chaque fois la tension monte en flèche. La parade ? Il n’hésite pas aller télécharger au McDo ou, mieux, chez des potes en passant, discrétos. La famille aussi ça marche. Tant que c’est pas son IP, c’est tout bon. Autre combine hyper efficace : il se déconnecte dès que le film est téléchargé et cache son disque dur externe sur lequel il stocke ses .AVI au fond du placard. Bah oui, on sait jamais… si la police vient. Nota : ce modèle numéro 6 peut très bien être une combinaison d’un autre numéro. Avec le numéro 1, par exemple.
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