Big Bug Blog

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Piratage : ma vie dans la légalité (7)

Par Florence Santrot le 2 octobre 2011 0 commentaires

clavier d'ordinateurThis is the end, my friends. Septs jours dans la légalité. Sans téléchargement, sans streaming, sans piratage quelconque. Sans franchir la ligne jaune. Ce ne fut pas toujours simple mais ce fut toujours possible. Après, il ne faut pas être trop regardant, le choix reste restreint, tant dans les films que dans les livres. Il n’y a que pour la musique que l’offre, sans être parfaite, est correcte avec les services de streaming Spotify et Deezer et les catalogues géants d’iTunes ou d’Amazon.

Reste que, comme pour les autres contenus culturels, il manque encore et toujours une formule d’abonnement qui rendrait le contenu légal réellement attractif et à la portée de la majorité pour un budget correct. En attendant, il  a les zones grises de l’Internet et de la légalité… et l’attente du mail d’Hadopi qui obligera à faire profil bas pendant six mois. Le jeu du chat et de la souris, voilà une occupation gratuite.

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Piratage : ma vie dans la légalité (6)

Par Florence Santrot le 1 octobre 2011 0 commentaires
App Store

Aperçu du magasin des séries TV sur l'App Store d'Apple

Soleil + chaleur + week-end = train pour s’évader de Paris = il va bien falloir s’occuper durant le trajet. Evidemment, il y a la tablette tactile. Facile quand on peut se le permettre. Mais il faut encore le remplir de contenus car il ne faut pas compter sur la pauvre connexion 3G (quand on n’a pas que du Wi-Fi) sur le trajet pour faire du streaming (légal bien sûr, via MyTF1, M6Replay ou autre).

Donc il va falloir passer à la caisse. A moins d’opter pour un film méga vieux passé libre de droits (via des sites comme oldcinemovies.fr), le magasin de films d’iTunes est la solution la plus simple dans mon cas, puisque je possède un iPad. Mais pas forcément la moins onéreuse, loin de là. Par exemple, pour louer « La guerre des boutons » – le vrai, le film original -, il en coûte 2,99 euros. C’est 7,99 euros pour l’acheter. 3 euros la location pour un film de 1962, ça quand même comme une sorte de fussoire…

Et si on commence à regarder les blockbusters, comme « Pirates des Caraïbes : la fontaine de jouvence », le facture passe à l’achat à 13,99 euros en qualité standard, 16,99 euros en format HD. La location (visionnage une seule fois) est à 3,99 euros. Côté séries TV, c’est encore pire. Pour une saison entière d’une série américaine populaire, il faut débourser plus de 50 euros à l’achat. L’épisode est facturé 2,99 euros l’unité. Ça calme.

Quand on compare tout cela à un simple Divx lu sans réencodage sur l’application OPlayer, il faut quand même être sacrément motivée vous avouerez…

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Piratage : ma vie dans la légalité (5)

Par Florence Santrot le 29 septembre 2011 0 commentaires
pirate

Tous pirates ?!

Tout le monde en parle, tout le monde le fait, mais tout le monde a peur. Entre le collègue frileux qui a tout arrêté depuis que c’est vraiment illégal, celui qui a changé ses méthodes au lendemain du vote du texte de loi et celui qui n’a jamais ô grand jamais piraté mais qui ne réalise pas que ses ados le font pour lui, tout le monde se voile la face. Oui, je pirate. Oui, vous piratez.

Cela ne veut pas dire que pour moi plus rien n’a de valeur. Je peux acheter des CD, je peux payer pour des DVD qui valent le détour, j’achète des places de concert et j’aime les livres. Mon budget « culture » n’a pas chuté mais je le dépense différemment. Il y aurait une offre de VoD en abonnement, je pense que j’opterais sans ciller pour cette solution.

Après, si vous me demandez si je vais payer pour revoir pour la 33ème fois « Dirty Dancing », « Le bon, la brute et le truand » ou « Gilda », la réponse est clairement non. Ces films, je les ai enregistrés ou achetés un jour ou l’autre au format VHS. Je me suis ennuyée à appuyer sur le bouton « Rec » au bon moment ou j’ai sorti un billet de mon portefeuille. Je ne vais pas les louer 2,99 euros (et je suis gentille) dix ans plus tard pour les voir au format numérique dans un délai de 48 heures.

Sinon, aujourd’hui, j’ai fini par créer une playlist musicale « Hadopi approved » dans mon iPhone pour éviter tout écart de conduite. Mais je m’interroge : j’ai numérisé l’ensemble de mes CD mais va-t-il falloir que je les garde dans un coin de chez moi ad vitam aerternam afin de pouvoir prouver, un jour, que la grande majorité des morceaux de musique que je possède sur iTunes sont légaux ? Si vous avez la réponse, je prends. Merci.

Toute la saga :
Piratage : ma vie dans la légalité (4) : comment j’ai payé 4 euros pour un film moyen
Piratage : ma vie dans la légalité (3) : comment j’ai découvert les chaînes étrangères cachées au fond de ma box
Piratage : ma vie dans la légalité (2) : comment je n’ai jamais trouvé le livre de mes rêves en format numérique
Piratage : ma vie dans la légalité (1) : comment je me lance dans l’aventure

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Piratage : ma vie dans la légalité (4)

Par Florence Santrot le 28 septembre 2011 0 commentaires
Kirsten Dunst et Ryan Gosling dans "All good things"

Kirsten Dunst et Ryan Gosling dans "All good things"

Je ne me reconnais plus. J’ai changé. Je me suis même surprise à ne plus griller aucun feu à Vélib’ ce matin, en écoutant de la musique sur Deezer. Le bilan est dur : je rentre dans le moule de la légalité et j’ai du mal à me regarder dans une glace. Moi qui fanfaronnais – j’aime bien fanfaronner – il y a quelques jours encore sur la facilité de pouvoir regarder films et séries en streaming sans aucune gêne ou interruption et à volonté (non, il n’y a pas que Megavideo dans la vie), j’ai joué la carte de la facilité ce soir.

Sitôt les charentaises enfilées, bobonne a lancé le service de vidéos à la demande de sa Freebox Révolution, opté pour l’offre de MyTF1 (au hasard balthazar), fait défiler les nouveautés et choisi un thriller, « Love and Secrets » (All good things, aux USA) avec Kirsten Dunst et Ryan Gosling. Le film a débuté dans la seconde suivante, en HD, sans interruption aucune. Film que j’ai payé 3,99 euros. C’était une bonne affaire car la plupart des films récents sont à 4,99 euros.

J’avoue, c’est facile, simple (la facturation sera faite sur mon abonnement Internet). Presque rien à redire si ce n’est que le fait de vouloir avancer/reculer dans le film via la touche jaune « information » de ma télécommande m’a fait perdre le son (un appui sur le bouton direct ‘recul rapide’ de la manette l’a fait revenir). Autre détail ennuyeux : je ne pouvais regarder le film qu’en français. Pas d’anglais ni de sous-titres au programme, du moins je ne les ai pas trouvés.

Que faut-il en conclure ? Que la légalité, ce n’est pas si mal ? A 3,99 euros la soirée (pour un seul film), ça fait un peu cher la légalité quand même, vous l’avouerez. Dans l’illégalité, je lance un film aussi vite. La qualité est certes un peu moindre, le film n’est qu’en anglais non sous-titré mais je peux le revoir autant de fois que je veux, quand je veux.

Autre différence : grâce au streaming et au piratage, je peux non seulement voir les films sortis en France il y a six mois mais aussi ceux qui sont encore en salle aux Etats-Unis et qui ne sortiront en France que dans plusieurs semaines/mois. Mieux, je peux aussi voir des films méconnus ou vieux de plusieurs dizaines d’années (60’s-70’s-80’s…) alors qu’il faut s’accrocher pour les trouver sur les sites de VoD aujourd’hui. Difficile de lutter contre tout ça malgré tout, vous en conviendrez. Ah oui, au fait, le film n’était pas top, mais comme je l’avais payé…

Toute la saga :
- Piratage : ma vie dans la légalité (4) : comment j’ai payé 4 euros pour un film moyen
- Piratage : ma vie dans la légalité (3) : comment j’ai découvert les chaînes étrangères cachées au fond de ma box
- Piratage : ma vie dans la légalité (2) : comment je n’ai jamais trouvé le livre de mes rêves en format numérique
- Piratage : ma vie dans la légalité (1) : comment je me lance dans l’aventure

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Piratage : ma vie dans la légalité (3)

Par Florence Santrot le 27 septembre 2011 0 commentaires
RTCG

Sur la RTCG (Monténégro), la guitare au bord de l'eau, c'est tendance.

Le réveil s’est déroulé sans problème : écouter la radio – publique ou privée – est gratuit et légal. La journée se poursuit « tranquille Emile » grâce notamment à l’annonce de Spotify  hier : le service premium est gratuit pendant six mois. Une opération séduction certainement destinée à faire passer la pilule sur leur nouveau mode d’enregistrement qui oblige à s’inscrire auparavant sur Facebook…

Ce soir, histoire d’aller à la fond dans la légalité, j’ai décidé de partir à l’aventure. Les chaînes hertziennes et la TNT, c’est trop facile. Allons à la pêche aux chaînes fantômes de ma box. Par chaînes fantômes, j’entends celles qu’on ne va jamais regarder, celles au-delà du chiffre 500. Pour la plupart, c’est des chaînes étrangères incompréhensibles ou… bizarres.

En matière de grotesque, je vous conseille vivement la chaîne 529 sur la Freebox. God TV. Oui, une magnifique chaîne chrétienne américaine. Du prédicateur à foison et des discussions qui ne mènent nulle part. Mais un bandeau permanent : « On a besoin de 4 millions de dollars, votre aide peut sauver des âmes, appelez maintenant ». Je n’ai pas bien compris où allait l’argent (si ce n’est dans leurs poches) mais l’essentiel, c’est de passer un coup de fil et de sortir sa carte bleue. Je vous aide, le numéro à appeler est le suivant : 0049 40 80 6000 80. Pour vous remercier, le montant des dons et leur origine défilent en bas de l’écran. Je zappe avant de vomir ou… de craquer pour une série en streaming.

Magnifique aussi TV Romania qui s’acharne à m’afficher des icônes saintes roumaines les unes après les autres en fondu enchaîné sur une musique qui mélange guitare, bruits d’eau et chants d’oiseaux. Tapez le 552 sur la Freebox pour vous endormir en ayant envie de faire pipi.

Sur la 572, je découvre qu’Al Jazeera a lancé sa chaîne enfants, Al Jazeera Children. Les bambins sur un plateau coloré jouent aux mêmes jeux débiles que sur les chaînes de Disney. Certaines fillettes sont voilées, d’autres non. Certaines présentatrices le sont, d’autres non. Rien de nouveau sous le soleil.

Sur la 586, une chaîne turque. Selon Free, elle s’appelle TRT Cocuk mais sur le logo est inscrit TRT Okul. Cocuk / Okul… ce ne peut être une coïncidence.

Mais si vous voulez vraiment passer un bon moment, il faut se ruer sur la chaîne RTCG (636 sur la Freebox). Après recherche en ligne, c’est une chaîne tout droit venue du Montenegro. Et visiblement là-bas, l’amour de la musique n’est pas un vain mot. Les hommes jouent de la guitare sur fond d’accordéon et de boîtes à rythmes pendant que les femmes chantent en robe à fleur les pieds dans l’eau jusqu’aux genous par un vent proche des 100 km/h. On verrait presque la chair de poule si le réalisateur n’avait pas fait la mise au point de l’image sur le paysage au fond. Un pur moment de bonheur pour les yeux et les oreilles. Plus qu’à God TV, c’est à eux et à Armenia Public TV (650 sur la Freebox) qu’on a envie d’envoyer de l’argent.

Il n’est pas encore 22 heures et je craque, je ferme la télé. Je ne suis pas encore prête pour les chaînes à gros numéros. Et l’appli M6 Replay de mon iPad s’obstine à m’indiquer que je ne peux rien regarder sous prétexte que je suis à l’étranger. Le film de M6 du début d’après-midi m’échappe encore. Damned.

Toute la saga :
- Piratage : ma vie dans la légalité (4) : comment j’ai payé 4 euros pour un film moyen
- Piratage : ma vie dans la légalité (3) : comment j’ai découvert les chaînes étrangères cachées au fond de ma box
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- Piratage : ma vie dans la légalité (1) : comment je me lance dans l’aventure

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Piratage : ma vie dans la légalité (2)

Par Florence Santrot le 26 septembre 2011 0 commentaires
DRM free

Un livre électronique gratuit ? Oui, mais à condition de ne pas chercher à lire d'auteur contemporain.

Première soirée, première galère. On commence par le trajet bureau-appartement. Quand il ne pleut pas, ça se passe souvent en musique sur un Vélib’. Le hic ce soir, c’est que je ne pouvais lancer aucune playlist au hasard sur mon iPhone sans risquer de tomber sur un titre à la légalité non vérifiée. Même si je n’ai jamais téléchargé beaucoup de musique illégalement, on n’est pas à l’abri d’un écart de conduite ou de titres dont je ne me souviens pas l’origine (CD ripé ? musique récupérée chez un ami ? achetée sur iTunes ? morceaux téléchargés via un torrent ? dur, dur de se souvenir).

Surtout, je n’avais pas le temps de tout passer au peigne fin donc, pour le premier soir, j’ai opté pour une valeur sûre : un de mes tout premiers CD achetés : R.E.M., Out of Time, payé à l’été 1991 ou 1992 avec mon argent de poche. C’est parti pour un trajet en Velib’ « Hadopi approved ».

On poursuit la soirée. Là encore, début soft en optant pour une série américaine sur une chaîne de la TNT. Mais je sais que c’est reculer pour mieux sauter : demain, il faudra s’attaquer au monde merveilleux de la catch-up TV et des contenus légaux en ligne. J’en trépigne d’impatience. Ou pas.

Dernière étape : le livre. Puisque j’ai décidé de tout faire dans la légalité, autant y aller à fond. Oublions quelques jours le papier pour passer au livre numérique. J’ai déjà lu plusieurs ouvrages sur ma tablette numérique et j’avoue que je m’y fais bien. Pas de souci donc. Jusqu’au moment de choisir le bouquin. Là, tout de suite, ce soir, j’ai une furieuse envie de lire un livre de Kem Nunn. Cet écrivain américain n’est pas totalement inconnu. Il est l’auteur d’un des meilleurs bouquins jamais écrit sur le milieu du surf, Surf City (baptisé Tapping the source à sa sortie aux USA en 1984). On peut donc imaginer qu’il soit sur les sites de livres électroniques, peut-être pas en Europe mais au moins aux Etats-Unis.

Pas du tout. Rien, nada, nix. J’ai eu beau écumer le magasin iBooks de l’Apple Store, les sites de téléchargement légaux français comme les ricains, c’est le flop total. Pas un titre de kem Nunn n’a été numérisé. Pas de Surf City , de Sabot du diable ni de Tijuana Straits en vue. A leur décharge, une rapide tentative pour trouver un de ces livres piraté a également été un échec, il faut l’avouer. Peut-être qu’en fouillant plus…

Bref, je me suis rabattue sur ebooksgratuits.com, l’objectif cette semaine étant de consommer des contenus culturels légaux mais sans se ruiner. Au menu, Jean de La Fontaine, Tchekov, Nietsche, Alexandre Dumas, etc. Le paradis des classiques mais rien de très contemporain. Forcément, ce site ne contient que des textes libres de droit, donc anciens par définition. J’ai opté pour le « Dictionnaire des idées reçues » de Gustave Flaubert. A ce train là, la semaine va être loooonnnngue…

Toute la saga :
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Piratage : ma vie dans la légalité (1)

Par Florence Santrot le 26 septembre 2011 0 commentaires

Dites non au piratageC’est décidé, je vais passer du côté brillant de la force. J’oublie tous les sites de streaming et de direct download, je ferme Transmission et son torrent de contenu. J’ai décidé de tenter l’expérience et de passer une semaine entière dans la légalité. La vie rêvée d’Hadopi.

A partir de maintenant et pendant 7 jours – ou jusqu’à ce que je craque, qui sait -, tout le contenu culturel que je vais consommer sera 100 % légal. 100 % approuvé par les autorités et la moralité ambiante. Voici donc la code d’honneur auquel je vais me plier drastiquement :

- Ne plus utiliser de site de streaming et de direct download pour regarder films et séries
- Ne plus télécharger films, séries, musique, logiciels sur les système de torrents ou autre
- Ne plus utiliser de logiciels craqués
- N’écouter et ne regarder que de la musique et des films dont je suis sûre d’avoir les droits à 100 %
- Ne pas exploser le budget (trop facile) et rester dans la limite du raisonnable (dans la mesure où c’est pour ma pomme et qu’on est à la fin du mois)
- Avoir recours aux services payants mais aussi aux services (sites, applications) de contenu gratuit tombé dans le domaine public

Si je n’y parviens pas, je paye ma tournée [à mon équipe]

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Dis-moi ce que tu télécharges, je te dirais qui tu es

Par Florence Santrot le 3 janvier 2011 0 commentaires

AvatarPirate raisonnable ou téléchargeur compulsif ? Adepte du blockbuster ou collectionneur de films des années 30 ? A en croire le classement établi comme chaque année par TorrentFreak, le geek de base est vraiment un cinéphile de base. Franchement, aller télécharger Avatar en 2D… Si vous vouliez faire le plein de bleu, il y avait, au choix, l’intégrale des Stroumpfs, ou, en version plus aqueuse, le film de Luc Besson avec des morceaux de dauphin dedans.

Avatar en 2D, ça rime à quoi ? Un scénario indigent, un ramassi de clichés et de bons sentiments. Ok, on peut apprécier l’exploit technique mais alors dans ce cas pourquoi télécharger en 2D ? Autant vous l’avouer, ça me dépasse. Et merci d’avance : pas de trolls dans les commentaires…

Bon revenons aux choses sérieuses et à nos moutons : « Dis-moi ce que tu télécharges, je te dirais qui tu es ».

1. Le bouffon. Lui, c’est bien simple. Il paye environ 30 euros par mois et estime qu’il faut rentabiliser l’investissement. Tout ce qui passe sur les réseaux mérite d’être téléchargé. Alors bien sûr, on préfèrera choper du blockbuster sans intérêt, genre le 7e épisode de « Mon beau père et moi » ou « Sauvez Willy 13″, plutôt que du film indépendant. On dirait que le film a été capté avec une caméra Mickey par un mec atteint de la parkinson ? Pas grave, on prend quand même. Idem pour les séries en pagaille. Pour résumé, le bouffon télécharge environ 33 heures de vidéos par jour. Et n’en regarde qu’une heure à tout casser. Ben oui, y’a Arthur et Kad Merad sur TF1.

2. Le porn-addict. Pas besoin de vous faire un dessin. Avec lui, Playboy va mettre la clé sous la porte en 2011. Le magazine érotique, c’était bon pour papa. Aujourd’hui, il y a YouPorn pour le streaming et les « torrents de bits » pour les longs métrages. L’abonnement à Dorcel TV ? Non merci, ça laisse des traces (aucun sous-entendu ici). Le pire qui puisse arriver un jour à un porn-addict ? qu’après avoir téléchargé le 2.546e hentai du mois, il s’aperçoive en fait qu’il a récupéré un film, un vrai. Voire même Avatar.

3. Le fan de séries. Il guette, il rôde sur les forums en ligne américains. Il a résilié son abonnement à Télé 7 jours pour apprendre par coeur les horaires de diffusion de HBO et d’ABC. Quand on lui dit S04E19, il sait qu’il ne s’agit pas de la référence consommateur de son dernier pot de Nutella mais que c’est le 11ème épisode de la quatrième saison de The Big Bang Theory qui vient de sortir. Et il le lui faut le plus vite possible. Et en V.O. Comment le repérer : il lui arrive régulièrement de débarquer au bureau avec des cernes pas possibles. « Ben ouais, tu vois, j’ai fait un marathon The Closer, j’ai réussi à voir 22 épisodes d’affilée en 24 heures ! ». Y’a des records comme ça, si t’es pas dedans, tu peux pas comprendre.

4. Le benêt. Il se rêve en pirate alors qu’il n’a fait que télécharger une extension de Firefox pour enregistrer les vidéos diffusées sur YouTube. Un ami qui s’y connaît lui a conseillé le mois dernier eMule mais il n’arrive pas à le faire fonctionner correctement. Pareil, il ne parvient pas à installer The Pirate Bay sur Windows Vista. Bref, Megaupload, ce sera à son programme en 2015. Mais il faut le chérir ce pirate en herbe… et définitivement l’inviter à l’apéro, pour un « dîner de con » 2.0. Quand il va vous raconter qu’il ne comprend pas pourquoi on ne peut pas transformer un .MOV en .MP4 simplement en changeant l’extension du fichier, ce sera la poilade assurée.

5. L’amoureux de l’amour. Ok, pas de mensonge entre nous, ce profil là est surtout féminin. Notre petite pirate en herbe a trouvé un métier et ne peut donc plus se repaître des téléfilms à la guimauve du début d’après-midi sur M6 en semaine. Et le replay ne lui suffit pas. Elle écume donc les réseaux de téléchargement avec encore et toujours le même filtre : « romance ». Pour résumé, si elle pouvait capter la chaîne Hallmark en France, elle le ferait, mais ce n’est qu’un doux rêve. Alors, avec son petit caniche toy sur les genoux, elle télécharge des films comme « Un fiancé pour Noël », « Une preuve d’amour » ou « Coup de foudre à Brookins Harbour » (je suis sûre qu’au moins un de ces films existe vraiment).

6. Le cinéphile intellectuel. Ou comment être frustré en permanence. Genre tu cherches la toute première apparition de John Cassavetes dans un film (pour info, c’est dans Fourteen Hours, sorti en 1951) et tu ne trouves que… Avatar. Pire, tu es en quête d’un vieux film en français. C’est quasiment mission impossible. Par définition : si le Français était partageur et altruiste, ça se saurait. Donc à moins de tomber sur une version sous-titrée en anglais ou en russe, bon courage. Mais notre pirate ne baisse pas les bras car il ne rêve que d’une chose : reconstituer sa super collec’ de VHS qu’il a débuté en 1982 et qui contient près de 856 longs métrages, y compris les coffrets complets de Fritz Lang, de Jean Renoir et de Luis Buñuel.

7. Le peureux. Lui, c’est le pirate honteux. Il télécharge mais il flippe à mort. Pour lui, Hadopi est une vraie menace. Il ose à peine ouvrir sa boîte mail. L’arrivée du facteur le met en transe, à chaque fois la tension monte en flèche. La parade ? Il n’hésite pas aller télécharger au McDo ou, mieux, chez des potes en passant, discrétos. La famille aussi ça marche. Tant que c’est pas son IP, c’est tout bon. Autre combine hyper efficace : il se déconnecte dès que le film est téléchargé et cache son disque dur externe sur lequel il stocke ses .AVI au fond du placard. Bah oui, on sait jamais… si la police vient. Nota : ce modèle numéro 6 peut très bien être une combinaison d’un autre numéro. Avec le numéro 1, par exemple.

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