
Xavier Niel (Free) vs Steve Jobs (Apple)
Steve Jobs (Apple), Xavier Niel (Free). Deux écoles, deux méthodes, le comparatif.
L’invitation :
STEVE JOBS : Un mail opaque laissant libre cours à l’imagination (un titre sibyllin et une illustration équivoque) et seulement des journalistes triés sur le volet invités mais qui vont faire circuler l’information sur toute la Toile, déclenchant un maximum de rumeurs plus folles les unes que les autres.
XAVIER NIEL : Une invitation par mail mystérieuse sans aucune thématique annoncée mais le groupe avait déjà parlé d’une « innovation majeure » dans les semaines précédentes. En revanche, l’invitation a été envoyée à quasiment tous les groupes de presse. Il fallait rameuter du monde. Effet assez similaire à Apple : tout le monde en a parlé et a fait courir les rumeurs sur la nouvelle Freebox V6.
La tenue :
STEVE JOBS : Toujours la même depuis de longues années. Un pull col roulé noir, un jean basique et des chaussures de running. Un corps très maigre presque maladif et des cheveux toujours coupés de prêt au point qu’on se demande toujours s’il n’est pas en pleine chimio.
XAVIER NIEL : Assez soft lui aussi. Une chemise blanche, un petit jean bleu foncé à la mode, des chaussures noires. La touche française : un semblant d’embonpoint et une coupe avec des cheveux presque longs malgré une calvitie naissante qui font hésiter entre le petit côté poète/rebelle et le maquereau. Un peu plus de gomina et on bascule totalement dans la seconde option.
La présentation :
STEVE JOBS : Mini télécommande en main, micro-oreille, il marche de long en large sur la scène et laisse la place à des collaborateurs pour des démonstrations poussées. Son show est entrecoupé de présentations vidéo et minuté à la seconde près. Son vocabulaire tient souvent en quelques mots : magique, incroyable, révolutionnaire, génial, super, réinventer, extraordinaire. Son enthousiasme est tellement communicatif, qu’il n’est pas rare que la salle applaudisse en cours de présentation.
XAVIER NIEL : Mini télécommande en main, micro-oreille, il marche de long en large sur la scène mais monopolise totalement la présentation, hormis les explications de Philippe Starck. Et encore, il est resté à ses côtés et ne s’est pas éclipsé comme le fait Steve. Son show est entrecoupé de présentations vidéo. Lui aussi sait faire partager son enthousiasme, mais les journalistes sont Français. Donc blasés.
One more thing :
STEVE JOBS : C’est vraiment la cerise sur le gâteau. A la fin de chaque présentation, Steve Jobs ajoute, l’air de rien, un petit « one more thing », genre le petit truc que j’ai oublié de vous signaler plus tôt mais que je veux quand même vous montrer. Et en fait ce petit truc est juste « huge », c’est même parfois le petite détail dont tout le monde va parler. Cela peut être l’aperçu du prochain OS, l’annonce d’une nouvelle fonctionnalité sur l’iPhone comme FaceTime ou encore l’annonce de l’iPod Touch.

XAVIER NIEL : Lui aussi a tenté son petit « one more thing » lors de la présentation de la Freebox Révolution mais ce n’est pas tout à fait le même objectif. Alors que pour Apple, l’idée est d’en mettre plein la vue jusqu’au dernier moment, pour Free, l’objectif est plutôt de faire passer une grosse pilule ni vu ni connu. Un peu comme quand on essaie de cacher discrètement la poussière sous le tapis. Là, c’était la hausse de 6 euros pour les abonnés en dégroupage total qui optaient pour la nouvelle box. Hop, une petite hausse de 20% quand même. Ça fait mal mais dans l’euphorie, tu croises les doigts pour que ça ne se voit pas trop. Loupé.
Conclusion :
STEVE JOBS a encore de l’avance évidemment mais le choix de XAVIER NIEL de marcher dans les pas du Père est louable. Attention à ne pas retomber dans les vieux travers de la présentation chiante assis à un bureau pour la prochaine fois…